Concours de textes sur l’intimidation

lundi 26 mai 2014
par  Shannon Tougas
popularité : 36%

Nous vous invitons à lire ces textes gagnants, écrits par nos élèves, dans le cadre du concour littéraire sur l’intimidation.

 

Mon intimidant quotidien

(Vincent Trottier - Secondaire 4)

 

 

Ces regards, ces rires et ces gestes me hantent jours et nuits. Je peux presque percevoir leurs œillades moqueuses à mon égard lorsque je ferme les yeux. Je tente sans relâche de les éviter, mais ils sont trop nombreux. Ils me suivent partout comme des enfants qui jouent au chat et à la souris. Ça m’énerve ou, devrais-je plutôt dire, je m’énerve ! Pourquoi suis-je allé les rejoindre ? Je m’en veux à un tel point ! Quand j’y repense, je me dis que ce n’est pas ma faute, même si je sais très bien que c’est le contraire. Le seul moment de répit que j’ai, c’est lorsque je suis dans l’autobus. Même ma maison n’est plus un endroit paisible. Normalement, je pourrais venir m’y réfugier en temps de crise. Il fut un temps où cela m’était possible, mais ce temps est révolu. J’ai dû renoncer à mon cellulaire afin de me protéger, mais je ne faisais que penser davantage à ce que mes bourreaux pourraient propager comme canular sur les réseaux sociaux. Ça m’énerve ou, devrais-je plutôt dire, je m’énerve ! Non seulement je démolissais le mince et dernier filament d’équilibre qui stagnait dans mon esprit, mais je ne faisais que leur accorder une certaine importance rien qu’en pensant à cela, mais en plus, ça ne faisait que les enchanter ! Dire que j’ai eu le culot de me présenter au « party » d’un inconnu, de boire sans fin et de me faire prendre en vidéo en dévoilant mon anatomie de manière glauque. Ça m’énerve ou, devrais-je plutôt dire, je m’énerve !

 

 

L’intimidation

(Félix Brouillet – Troisième secondaire)

 

C’était en troisième secondaire, j’ai dû déménager à Montréal à cause du travail de mes parents. Donc, j’ai aussi changé d’école. Durant les deux premières semaines, j’ai essayé de faire de nouvelles rencontres, de me faire des amis. Mais personne ne semblait m’accepter. J’étais le plus petit de ma classe et, souvent, des gars plus gros que moi me poussaient dans les casiers. Plus les mois passaient, plus ça empirait, Henri pis sa gang ne me lâchaient pas. Henri, c’était le gars populaire de l’école. Tous les autres gars étaient avec lui. Si Henri m’insultait, sa gang m’insultait aussi. Henri n’hésitait pas à me dire que j’étais laid pis rejet et ses amis en rajoutaient toujours. Les seuls amis que j’avais c’était ma sœur Charlotte et mon petit frère Bertrand, mais ils ne voulaient pas que je traîne avec eux, car je n’avais pas une bonne réputation. Toute mon année s’est passée comme ça. Tout le reste de mon secondaire, Henri pis sa gang m’ont battu, insulté, menacé et ils prenaient mon argent à tous les dîners, alors je ne dînais pas. Après mon secondaire, j’ai fini mes études et j’ai créé ma propre entreprise. Depuis qu’Henri pis sa gang ne faisaient plus partis de ma vie, tout allait beaucoup mieux. Je me suis même fait une blonde ! Aujourd’hui, j’ai croisé Henri en revenant du travail. Il a encore pris mon argent comme il avait l’habitude de le faire quelques années plus tôt. La différence, c’est que maintenant, il fait d’excellents sandwichs Subway.

 

 

Différente...

(Marylie Billette – Quatrième secondaire)

 

C’est du haut de mes 6 ans, débordante de joie de vivre, qu’on m’a appelée poil de carotte pour la première fois. À peine je commençais à découvrir le monde extérieur que je compris que j’étais différente. Différente... Supposée être à l’apogée de mon innocence, on m’avait déjà convaincu d’un mensonge qui me fait douter de moi encore aujourd’hui. J’aimais mes cheveux. Je ne voyais pas de problème avec ma couleur avant qu’on me « niaise » avec ça. J’arrivais à la maison en pleurant et suppliais ma mère pour me les teindre. Je lui criais toutes sortes d’injures. À mes yeux, ma mère était méchante de me laisser avec cette horrible coloration, elle voulait que je souffre. Tout était de sa faute. Pourquoi m’avait-elle mise au monde ? Pauvre maman qui pleurait en cachette, envahie par le sentiment d’impuissance. Tout ça parce que j’étais différente. Même les blagues les plus insignifiantes m’ont laissées de graves séquelles. Je faisais semblant de trouver ça drôle quand on me lançait des carottes le midi à l’école, mais ma confiance, elle, s’éteignait peu à peu. Aujourd’hui, le simple fait de devoir marcher devant quelques personnes me terrifie. L’idée qu’un moindre commentaire pourrait être dit me glace le sang. L’impression que ma confiance ne reviendra jamais a occupé mon esprit de pensées suicidaires, mais ce serait laisser gagner ceux qui m’ont blessée. Tout ça parce que j’étais différente.

Ne vous laissez jamais détruire par les autres. Agissez avant qu’il ne soit trop tard.

 

 

Le silence tue

(Selsabil Bettayeb – Troisième secondaire)

 

« Dégage maudite salope ! » J’encaisse le coup d’épaule et je me tais. Un bleu de plus ou de moins, ça ne change plus grand chose pour moi. Je vais en direction de mon casier. Je ne peux pas dire que je n’ai pas peur, mais il faut bien que je prenne mes affaires. Elle sont toutes là, comme si elles m’attendaient. J’essaye de les ignorer, mais c’est plutôt dur avec tous les regards braqués sur moi. « Vous ne trouvez pas que ça sent bizarre ? » « C’est normal, il y a une vache pas loin d’ici. » Je ne dis rien et j’ose encore moins les regarder dans les yeux pour ouvrir ma case. Plutôt difficile avec un cadenas couvert de colle. Je ne me demande pas qui a fait ça et je fais comme si de rien n’était. Après avoir pris mes choses de math, je repars le plus rapidement possible, mais pas assez vite pour ne pas entendre : « c’est ça, dégage maudite salope ! ». Elles rient. Pendant le cours de math, je reçois encore des boules de papier, mais je n’ai pas besoin de les ouvrir pour en connaître le contenu : « espèce de salope, va te pendre » ou « tu ne mérites pas de vivre ». La cloche sonne, je me dépêche pour pouvoir rentrer chez moi au plus vite. J’ai arrêté de prendre l’autobus parce qu’il y avait toujours quelqu’un qui s’asseyait avec moi, qui me disait à quel point je ne mérite pas de vivre, que je ne fais que gaspiller « leur » oxygène. Je mets les écouteurs dans mes oreilles et je pars la musique dans mon iPod. Je dois beaucoup à cet objet ; grâce à lui, je peux oublier et feindre que mes parents ne sont pas sur le point de se séparer et que je ne me fais pas « écœurer » à l’école depuis un an. Je sors à peine de l’école que je me fais violemment tirer par les cheveux. Oh non, pas elles ! La « leader » arrache mes écouteurs et mon iPod par la même occasion. Je la supplie de me le redonner, mais elle ne fait que rire de moi et écraser mon objet le plus précieux. Je ne peux me retenir, j’éclate en sanglot. Tout ça à cause d’un party où un gars saoul a été violent avec moi et qui a décidé de me violer. « Dégage maudite salope ».....

 

 

Silence !

(Victoria Mailhot – Troisième secondaire)

 

Il était une fois une jeune fille qui s’appelait Hélie. Elle était bien élevée, timide et avait de bonnes notes à l’école. Pourtant, elle était la cible favorite du trio le plus populaire du quartier. Depuis qu’elle était toute petite, Hélie se faisait harceler par Jessica et ses amies parce qu’elle était la « chouchou » de tous les enseignants. Au début, Jessica la détestait en silence et lui jetait des regards perçants en la voyant. Puis, un jour, elle rencontra deux filles qui devinrent rapidement ses meilleures amies. Jessica réussit à les lier contre Hélie. La jeune fille savait qu’elles ne l’appréciaient pas, mais le trio la laissait tranquille alors elle ne disait rien.

 

C’est au début du secondaire que tout commença à dégénérer. Après quelques jours seulement, Hélie trouva le mot « Bitch » écrit sur la porte de son casier. Les larmes aux yeux, elle s’empressa de l’effacer. Le trio arriva au même instant et l’entoura, prouvant que le mot lui était bien destiné. Hélie les ignora et se dirigea vers son prochain cours. Jessica lui barra le chemin et lui dit :

- « Cette année, ça va changer. Tu n’auras pas la vie aussi facile qu’au primaire ! »

Le reste de la journée, la jeune fille trouva différents messages sur son casier, tous aussi humiliants que le premier. Elle refoula ses sanglots jusqu’à ce qu’elle soit seule dans sa chambre, où elle se laissa aller.

 

Le lendemain, la peur au ventre, elle se rendit à sa case et découvrit un autre message. Toute la semaine se passa ainsi. Chaque fois, les messages empiraient et l’adolescente les endurait en silence, tentant de refouler ses sanglots jusqu’à ce qu’elle soit chez elle.

 

Le lundi matin, en rangeant son sac, Hélie se retrouva plaquée contre la porte de son casier tandis que Jessica volait son cellulaire. Le trio lui lança un dernier regard assassin avant de la pousser au sol et de partir en riant et en brandissant l’objet volé comme un trophée. Hélie préféra se taire et refouler ses larmes jusqu’à ce qu’elle soit chez elle.

 

Plus l’année avançait, plus le trio introduisait de nouvelles personnes dans leur complot. Un jour, Hélie se retrouva malgré elle entourée par la « gang ». Jessica et ses amies, qui savaient qu’elle avait des allergies, se mirent à lui lancer des noix en la traitant de toutes sortes de noms. La peur au ventre, la jeune fille tenta de s’enfuir, mais il y avait trop d’élèves autour d’elle. Hélie se mit à suffoquer et sa vue s’embrouilla. Elle s’effondra au sol. Juste avant de s’évanouir, l’adolescent vit le trio la regarder avec dédain, un sourire hautain aux lèvres.

 

Tout au long de cette histoire, j’ai gardé le silence dans la peur que ça empire. J’ai vu des personnes se taire et détourner le regard lorsqu’elles voyaient ce que le trio me faisait. Si une seule d’entre elles les avait dénoncé, je ne serais pas ici, aujourd’hui, à l’hôpital, et je ne vivrais pas cet enfer...

 

 

Adieux

(Mona Pilon – Troisième secondaire)

 

Eh oui, c’est bien moi. C’est bien moi la personne sans vie à vos yeux. J’écris cette lettre pour expliquer pourquoi j’en suis rendu là aujourd’hui. Pourquoi j’ai été tannée jusqu’au point de m’enlever la vie. Eh bien, je n’ai plus d’autres options. Depuis le primaire, je me fais regarder de travers et traiter de toutes sortes de noms. J’ai toujours essayé de ne jamais écouter toutes les méchancetés qu’on me disait, mais au fond, ça me détruisait, ça m’épuisait, me faisait vomir et m’empêchait de dormir. On m’humiliait devant tout le monde à la cafétéria ou dans la cour de récréation. On m’insultait sur mon corps tous les jours, car je n’ai jamais été très mince... Je n’avais plus aucune estime de moi-même. La solitude me détruisait. Personne à qui parler ou avec qui me changer les idées. Je n’avais pas d’amis. Il restait ma famille, mais pour rien au monde, je n’aurais gâché le bonheur de ma famille. Jamais. Un jour, c’est devenu physique, on me crachait au visage en me traitant de grosse ou on me poussait dans les casiers. J’en suis rendue à un point où la vie n’est plus agréable. Je n’aime plus vivre. Je ne veux plus vivre. Je m’excuse, maman et papa, pour ce geste que je m’apprête à poser. Vous répétez sans cesse que la seule chose qui importe, c’est que je sois heureuse... Eh bien, je serai beaucoup plus heureuse là-haut. S’il-vous-plaît, prenez soin de William, c’est le meilleur petit frère de la planète et je m’excuse d’avance de ne pas pouvoir veiller sur lui plus longtemps... J’ai atteint ma limite, je serai beaucoup plus heureuse au ciel, à ne plus souffrir, à veiller sur vous. Je vous aime du plus profond de mon cœur, Adieu. Alice...


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